Aussi spectaculaire que extravagant, Stephon Marbury a eu une carrière hors du commun en NBA et dans le monde. Véritable icône New Yorkaise, portrait du natif de Coney Island à New York. 

 

Stephon Marbury est né en 1977 à Brooklyn, plus précisément à Coney Island. Lieu connu pour son parc d’attraction, sa plage, son ambiance. C’est aussi un endroit où derrière cette vitrine le, se cache l’autre côté de l’Amérique et ses ghettos.. Exclusions, drogues, violences sont le quotidien des habitants de Coney Island. 

C’est dans cette endroit que Stephon Marbury grandit, il est l’avant dernier d’une fratrie de 6 enfants, dont 5 garçons. Tous ces garçons choisiront le basket comme voie pour leur avenir, et tous atteindront au minimum la première division NCAA. Autant dire que dans le microcosme du basket à New York, à Brooklyn, il y avait les Marbury. L’autre point commun de ces frères, ils sont tous passées par le même lycée, le Abraham Lincoln High School, tout comme Lance Stephenson et le cousin de la famille Marbury, Sebastian Telfair. 

Eric l’ainé joua à l’Université de Georgia et fut drafté par les Clippers au … 6eme tour, sans jouer un seul match ensuite. Donald a joué à Texas A&M, non drafté il est revenu en tant que travailleur social auprès des jeunes, juste avant les débuts de Norman. Ce dernier était considéré comme l’élu de la famille, celui qui allait briser la barrière de la NCAA pour atteindre la NBA. Le talent était là, il commence à jouer pour l’Université du Tennessee, mais ses mauvais résultats scolaires l’ont privé de bourses et donc d’université. Le petit frère de Stephon joue à l’université de Rhode Island et se présenta tôt à la draft de 2001, à la surprise générale il ne fut pas drafté. Et enfin Stephon Marbury, dont le talent éclabousse le championnat lycéen, rarement un tel talent a été observé. Un vrai meneur de jeu, avec un style de jeu agressif et des capacités athlétiques hors du commun, capable de réussir des windmill ou d’aller dunker sur les plus grands, du haut de ses 1m88.

Lors de son année senior en 1995, il tourne à plus de 30 points et 10 passes par match. Une pluie de distinctions confirme le talent de Stephon et donne un solide espoir à la famille Marbury de briser la malédiction. Il est sélectionné au McDonald’s All American games avec une génération de légendes (Kevin Garnett, Vince Carter, Paul Pierce…) et est aussi nommé New York State Mr.Basketball. Marchant ainsi dans les pas de Mark Jackson, Kenny Anderson, Felipe Lopez et plus tard Elton Brand, Lance Stephenson, Tobias Harris. De quoi attirer l’attention de toutes les universités du pays qui font toutes le forcing pour l’attirer, depuis son enfance, Marbury partage dans les médias son amour pour Syracuse et son souhait d’y jouer un jour. 

Finalement il demande conseil à une autre légende des playgrounds New Yorkais, Kenny Anderson. Ce dernier lui conseille de choisir Georgia Tech, dans le même temps Felipe Lopez qui est le rival local de Marbury a décidé de rester à New York en choisissant Saint-John’s. Stephon Marbury suit le conseil de Kenny Anderson et débute la saison 1995 sous les couleurs des Yellow Jackets de Georgia Tech.

IL CONFIRME SON TALENT EN NCAA ET BRISE LE TOIT DE VERRE

A Georgia Tech, il devient le meneur titulaire après le départ de Travis Best et comme coéquipiers les futurs joueurs NBA, Matt Harpring et Drew Barry. Il fera la rencontre d’un futur rival et ami, souvent comparé et au talent comparable, Allen IversonStephon Marbury reste une année, de quoi mener l’équipe à un résultat de 24-12 et d’intégrer la Third Team All American. Nous sommes en 1996, Stephon Marbury va réaliser son rêve et celui de tout une fratrie, toute une famille, une communauté à Coney Island. Il s’inscrit à la légendaire draft de 1996 et sera choisi en 4eme position par les Bucks de Milwaukee mais échangé immédiatement contre Ray Allen. Direction Minneapolis pour Marbury afin de former un duo de choc avec le jeune et talentueux Kevin Garnett. La malédiction est brisé et Stephon Marbury entre par la grande porte de la NBA.

Il termine une première saison rookie solide et finit dans la All Rookie Team d’une génération prestigieuse, faut-il le rappeler. Avec Kevin Garnett, il ramène même l’équipe en playoffs, cette équipe est jeune et ultra spectaculaire grâce à ces 2 surdoués du basket. Cependant, Marbury demande son transfert durant le lockout de 1998, officiellement car sa famille lui manque. Il semble qu’il s’ennuyait beaucoup à Minneapolis et Garnett lui faisait aussi trop d’ombre. Stephon Marbury et échangé aux Nets du New Jersey dans un deal en triangle impliquant Terrell Brandon et Sam Cassell. Il se rapproche des siens et va confirmer son talent par une sélection au All-Star Game de 2001 dans lequel il réussit une performance qui marque les mémoires. Cette année là, il marquera également 50 points sur une rencontre mais jamais les Nets n’atteignent les playoffs et à l’été 2001, il est transféré contre Jason Kidd aux Suns de Phoenix

En 2003, il retourne aux All-Star Game avec Shawn Marion et retrouve les playoffs avec le rookie Amare Stoudamire, les Spurs élimine les Suns au premier tour. Marbury semble montrer ses limites dans le jeu des Suns, qui viennent de recruter le talentueux arrière Joe Johnson. Face à cette armada offensive, un profil de meneur gestionnaire apparaît plus approprié pour les Suns. Pendant ce temps du côté de New York, Isiah Thomas vient de reprendre le champ de ruines laissé par Scott Layden et voit d’un bon oeil, le retour au pays du talentueux meneur de jeu.

A NEW YORK, IL Y AVAIT PRESQUE TOUT POUR MARQUER L’HISTOIRE DE LA FRANCHISE

Le 5 janvier 2004, les Knicks envoient notamment Antonio McDyess, Howard Eisley, Charlie Ward et un premier tour de draft à Phoenix afin de récupérer Stephon Marbury et Penny Hardaway. L’équipe est en pleine reconstruction, tout juste reprise par Lenny Wilkens, un effectif bancale où l’on retrouve Dikembe Mutombo, Vin Baker, Shandon Anderson… Marbury est de retour à New York et sera sélectionné par participer aux J.O de 2004 à Athènes où les USA … s’inclinent…

La saison suivante, les Knicks s’enfonce dans une crise qui dure depuis le début des années 2000 et l’arrivée de Scott Layden, James Dolan a beaucoup trop d’emprise sur la franchise. A peine arrivée, le légendaire Lenny Wilkens repart, Herb Williams refait l’interim lors de la saison 2004-2005, et Larry Brown arrive au début de la saion 2005-2006. Stephon Marbury reste le leader de cette équipe qui voit arriver les rookies Nate Robinson, David Lee, mais Larry Brown connait les fortes têtes et ne va pas laisser les choses se dérouler comme Marbury le souhaite. A cette époque, l’insider Frank Isola déclare

Stephon Marbury est l'athlète le plus admiré à New York
Frank Isola - 2005

Malgré cela, une dispute démarre avec Larry Brown qui va contaminer le vestiaire, celle-ci mène jusqu’au licenciement de Larry Brown et le retour sur le banc d’Isiah Thomas à la fin de la saison 2005-2006. En 2007, les affaires des Knicks ne s’arrange pas avec une accusation de harcèlement sexuel à l’encontre d’Isiah Thomas, lors des audiences Stephon Marbury viendra témoigner, décrivant ces accusations de blagues et admettant avoir eu des relations sexuelles avec la plaignantes, ceux-ci consentis. L’ambiance est au beau fixe chez les Knicks, cette époque va ancrer dans l’esprit des fans de la NBA la réputation des Knicks d’aujourd’hui. Une crise durable sans victoires, comme dans les années 60, à laquelle s’ajoute des événements hors du terrain mais aussi des problème flagrants dans le management. Les fans du Garden demandent la tête d’Isiah Thomas, qu’ils auront avec l’arrivée de Donnie Walsh en avril 2008.

Il emmène avec lui Mike d’Antoni, qui recrute Chris Duhon pour challenger Marbury sur la place de starter qu’il devra gagner au training camp. Mais c’est Chris Duhon qui domine les débats et Marbury, refuse ce second rôle.. et commence à ne plus venir aux entraînements…. Le 1er décembre 2008, Stephon Marbury signe un buy out avec les Knicks de New York, alors qu’il avait le talent, la popularité, la motivation peut marquer l’histoire du club. Il fut le leader des Knicks dans la partie la plus sombre de son histoire. Il rejoint les Celtics pour finir la saison en 2009 et être éliminé des playoffs par le Magic d’Orlando, futur finaliste.

Marbury vit mal cette situation et décide de prendre une année sabbatique, mais son état inquiète. Il réalise des interview plutôt lunaires, à une époque où les réseaux sociaux grandissent sur la toile, il enregistre des vidéos bizarres, face caméra, laissant exprimer toutes ses émotions et … avalant de la vaseline…Comme il le dira lui même, cette période destructive était le signe d’un nouveau départ imminent et d’une résurrection.

L’EMPIRE DU MILIEU, L’EMPIRE DE MARBURY

Stephon Marbury fait figure de pionnier en Chine, à cette époque une poignée de joueurs avaient tenté l’aventure chinoise. Attractive de par ses énormes contrats disponibles, la ligue chinoise appelée la CBA a aussi de l’ambition, dans un pays qui connaît sa révolution industrielle et l’émergence d’une classe moyenne ayant accès à la consommation.

Stephon Marbury arrive en 2010 aux Dragons de Shanxi où il est sélectionné pour le All Star game et domine largement les débats. L’année suivante, il rejoint les Dralions et est à nouveau All-Star puis en 2011, il rejoint les Beijing Ducks. 

Toujours All-Star, il va mener l’équipe et être décisif dans l’atteinte du titre face à l’équipe 7 fois championne, les Tigers. Juste après ce titre en 2012, une statue est érigée à la gloire de Stephon Marbury, devant le stade Olympique.

Les Beijing Ducks deviennent à nouveau champion en 2014 et 2015. Au début de la saison 2017-2018, il signe avec les Dragons de Beijing annonçant que ce sera sa dernière année en tant que joueur en Chine, il tentera par la suite un retour en NBAMais il renonce à ce dernier challenge, annonce en amont la fin de sa carrière et participe à son dernier match en carrière, plein d’émotions, le 11 février 2018 en Chine.

Stephon Marbury a réussi son pari en Chine, multiple All-Star, MVP, 3 X Champions, un statut de dieu vivant avec une statue et un musée lui son dédié. De par la distance et la différence culturelle, il est difficile de réaliser l’impact de Marbury en Chine. Il est cependant incontestable qu’il a réalisé une des plus grande carrière hors USA pour un joueur Américain. Stephon Marbury a pris des parts importantes dans un club chinois et a obtenu un statut de résident (équivalent green card américaine) en Chine. Il est officiellement le coach des Beijing Royal Fighters depuis juin 2019.

DIEU EN CHINE, PHILANTHROPE DEPUIS TOUJOURS ET PÈRE DE FAMILLE

Le parcours extraordinaire de Stephon Marbury offre de nombreuses surprises. Derrière les frasques dans lesquelles il était concernées aux USA, Marbury a aussi fait preuve de générosité en donnant plusieurs millions de dollars aux familles victimes du 11 septembre, les victimes de l’ouragan Katrina, plusieurs centaines de milliers de dollars à la ville de New York, la police de New York, l’organisation représentative des enseignants de New York.

En 2014, il fut nommé dans le top 10 des citoyens chinois exemplaires. De part ses dons à des œuvres caritatives et son investissement pour les associations locales. Il est le premier ressortissant étranger en Chine à recevoir une telle distinction. Rien que ça… C’est une facette de Marbury qui méritent d’être mise en avant, qui le suit où qu’il soit allé dans sa carrière. Au vu des ses responsabilités, Stephon Marbury est bien parti pour rester en Chine dorénavant, marié depuis 2002, il est père de 3 enfants.

La carrière NBA de Stephon Marbury est faite de haut et de bas laissant un goût amer. Un joueur magnifique à regarder, d’un talent extrême, mais avec des soucis relationnels dans le cadre de son métier. Un potentiel qui semble n’avoir suffisamment explosé, c’est en Chine qu’il le fera. Même si sa carrière NBA laisse un goût amer, la vie de Stephon Marbury est une fantastique histoire qui commence par le rêve de tout une famille, d’une fratrie et qui se poursuit aujourd’hui. La conquête de la Chine dans une telle dimension et avec un tel succès, n’a jamais été vu auparavant et Stephon Marbury est un véritable pionnier à ce titre. Réussir à maintenir ses rêves de grandeur, exprimer son talent et conquérir le plus grand pays du monde

Il faut certes du talent, de l’ambition mais aussi être raisonnablement fou et animé d’une passion pour le basket à toute épreuve.