Devenu un bon vieux feuilleton dont on attend le prochaine épisode et dont on espère obtenir quelque chose de sensationnel à se mettre sous la dent, le Knicks bashing mérite d’être remis en perspective. 

De la part des fans des Knicks qui peuvent désespérer et de part le reste de la NBA, car le Knicks bashing est comme une vieille habitude, un mot galvaudé “c’est la faute à Dolan” qui est utilisé à la moindre étincelle, bien loin de la réalité. Cet article n’a ni l’ambition de faire l’apologie de James Dolan, qui a sa part de responsabilité, mais davantage d’apporter d’autres éléments factuels gravitant au sommet des Knicks.

 

LE TYRANNIQUE PROPRIETAIRE

Nombre d’expulsion de fans des Knicks ont été mise en avant, sont mise en avant dès qu’elles se produisent. L’angle avec lequel elle sont présentés suggèrent la plupart du temps la responsabilité de James Dolan dedans. Cependant dans toutes les salles NBA des expulsions arrivent, avant et parfois pendant le match. Il est rappelé sur le jumbotron que ne sont pas tolérés des discours déplacés dans toutes les salles. Lors de la saison 2019/2020, un fan a été éjecté de la salle criant à l’encontre de Russell Westbrook “you are a joke”. Deux fans des Sixers ont été banni de la salle pendant 1 an, pour avoir parlé à Isaiah Thomas des tribunes. L’application stricte du règlement est partout en NBA et largement supportée par tous les propriétaires, qui ont la responsabilité de l’image de la NBA dans leur salle. Une image qui est dédiée à un public familiale et internationale et qui ne tolère pas d’insulte ou d’incivilité. Le souvenir de la bagarre du Palace d’Auburn Hill hante tous les esprits, et c’est la responsabilité des propriétaires. 

A-t-il déjà été établie des preuves de harcèlement morale de la part de James Dolan auprès de son personnel ou des joueurs? 
Pourquoi l’on oublie le jour où Robert Sarver, propriétaire des Suns, a mis des chèvres dans le bureau de son GM pour le faire partir, et que les Suns ont vécu des années épouvantables. En 2019, a été révélé un énorme scandale d’harcèlement sexuel, presque organisé, dans les bureaux des Mavericks de Dallas, cette histoire a été relégué au rang de fait divers, dans la hiérarchie d’importance de l’information des fans. Le cas isolé d’Isaiah Thomas au début des années 2000, n’a jamais impliqué James Dolan.

QUE DISENT LES JOUEURS?

Si l’on met de côté Charles Oakley, quels joueurs aujourd’hui se plaignent, dénoncent des comportements inacceptables de James Dolan ? James Dolan affiche publiquement de très bonnes relations avec ses joueurs et anciens joueurs. Ceux-ci ont même pris l’initiative de monter au créneau lors de l’affaire Oakley, Sprewell, Bernard King, Larry Johnson, s’affichaient les jours suivant avec le propriétaire des Knicks.  Vin Baker raconte que James Dolan l’a rappelé 15 ans après le passage raté de Baker aux Knicks, rongé par le fait que la collaboration ne se soit pas passée comme prévue.

Les jeunes joueurs, anciens joueurs décrivent de façon très positive James Dolan, le meilleurs exemple est sûrement Tyson Chandler , une histoire qu’a rappelé récemment le compte Knicks Passion. Pendant son passage chez les Knicks, le natif de Californie avait sa mère malade, atteinte d’un cancer. Après chaque match, il emprunte le jet privé de James Dolan pour aller en Californie et revenait, aux frais du propriétaire des Knicks.

Pour moi, j'entends tout sur lui, mais cela n'a rien à voir avec moi. Si quelqu'un vient me voir et me demande, je dis que c'est un mec génial. Il s'est occupé de moi dans les moments difficiles. C'est donc le genre de choses dont les gens n'entendent pas parler. Ils entendent juste l'autre version
Tyson CHANDLER à propos de l'aide de James Dolan quand sa mère était malade

LA GESTION DE LA FRANCHISE

Là où James Dolan a davantage de casseroles réalistes, c’est dans la gestion du club. Lorsqu’il arrive à la fin des années 90, reprenant les affaires de papa, il garde la main et sur le club et le pousse vers la crise… Ne prenant pas la mesure du CBA signé à l’époque, qui a obligé les propriétaires à prendre leur distance dans la gestion de l’équipe, face à des règles se complexifiant et nécessitant des GM’s forts. Scott Layden en a fait les frais, s’en ai suivi de la mise en place de Isiah Thomas, une décision subjective de James Dolan qui plonge les Knicks dans une crise grave, dont il sera désigné à juste titre coupable.

Mais avec l’arrivée de Donnie Walsh, James Dolan prend clairement ses distances et apprend de ses erreurs, s’en est suivi le règne de Phil Jackson, et enfin Steve Mills, à qui Dolan a laissé carte blanche pour mener son projet. 
Dolan a su se mettre en retrait depuis des années de la direction des Knicks, néanmoins, il reste sous pression pour sortir les Knicks de la crise. Même si il laisse carte blanche à ses présidents, leur délais sont courts pour obtenir des résultats.

JAMES DOLAN, UN MARRONNIER, UNE VALEUR SÛR POUR FAIRE DU CLIC

Quoi de plus efficace pour un site web, insider, d’utiliser un fait pour en ramener la responsabilité à James Dolan, c’est du pain béni en terme d’audience. D’un point de vue journalistique, Dolan est devenu un marronnier. C’est à dire une actualité qui va arriver, sans grande importance mais qui fera son audience (comme les soldes, les vacances d’été, la déclaration scandaleuse de Trump, les chiffres du chômage seulement quand ils sont mauvais). Triste de voir des journalistes tout ramener à Dolan au moindre incident avec des arguments tel que “de toute façon, tant que ce club sera dirigé par…” ou encore “James Dolan est responsable de cette situation”. Ces commentaires valent lorsqu’une critique envers un joueur est énoncée, si un incident a lieu au Garden, si il y a un changement dans l’organigramme, au sujet du résultat des Knicks.

Alors que des amateurs passionnés réagissent sous le coup de l’émotion en ces termes, encore cela se comprend, mais que des journalistes grassement payés par des chaînes de TV on comme seul argument “de toute façon, c’est la faute à Dolan”, n’élèvent vraiment pas leur métier dit “d’analyste”. 

Leur rôle n’est-il pas d’apporter de la valeur au débat, des analyses plus fine que celles que nous échangeons entre nous, et non d’entretenir une fausse réalité pour s’assurer du contenu et de l’audience? Malheureusement, nous sommes dans cette dernière catégorie… Pire encore, Spike Lee s’y met également, en 2020 il s’invite sur le plateau du First Take pour expliquer que James Dolan lui a proposé de discuter avec lui après que ce dernier ai voulu emprunter l’accès de service. Spike Lee publiquement indique qu’il n’a pas souhaité discuter… mais viens dans l’émission de Stephen A.Smith pour dénoncer le comportement de James Dolan…. à qui il serre la main juste après l’incident pourtant… Il trouvera Kendrick Perkins pour le supporter dans sa démarche, journaliste en plein début de carrière, pendant que James Dolan continue de développer de bonnes relations avec ses joueurs et anciens joueurs, sans en faire un reportage…

Cet article encore une fois n’est pas là pour faire l’apologie de James Dolan, mais davantage mettre en avant les abus de langages, le manque de discernement et les raisons qui amènent à ce Knicks “Bashing”. Oui, James Dolan avait beaucoup trop la main sur l’équipe au début de son règne, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et les Knicks sont valorisés à plus de 4 milliards de Dollars. Oui, il est né avec une cuillère d’argent dans la bouche et a repris les affaires de papa, et alors? Oui, James Dolan a des problèmes d’alcools qu’il traite, oui, il joue du rock sur son temps libre, encore une fois, et alors?

Jouer à New York, c’est avoir plus de pression qu’ailleurs, ceux ayant vu un match au Garden et dans d’autres salles NBA voient bien la différence. Les fans mettent beaucoup de pression. Le Knicks bashing nourrit cette pression, qu’en serait-il si les fans des Knicks mettaient plus de discernement face au bashing et au lieu de se diviser, ils renverront à leurs auteurs cette communication qui divise la communauté Knicks et affaibli l’équipe et les joueurs.