Charles Oakley

L'authenticité face au politiquement correct

Icône incontestable des Knicks des 90’s et joueur les plus cité par les fans des Knicks, Charles Oakley était un joueur redoutable et un homme qui a souvent défrayé la chronique. Un soldat de Pat Riley, le Garden scande encore parfois son nom.

DÉBUT DE CARRIÈRE, AMITIÉ AVEC MICHAEL JORDAN ET REMUAGE DE RAQUETTES

L’Ohio est définitivement un fournisseur de basketteurs, c’est là-bas à Cleveland que naît et grandit Charles Oakley. Il devient une star locale au lycée de John Hay High School au basket mais aussi de foot US avant de rejoindre l’université de Virginia Union University, une université noire américaine évoluant en division II de la NCAA. Peu d’infos ressortent de la jeunesse de Charles Oakley, néanmoins il est toujours apprécié à Cleveland.

Coéquipier apprécié également, puissant et souple, il est très efficace en défense et intimide. Ses performances lui valent une 9eme place à la draft de 1985, où l’on retrouve Pat Ewing à la 1ere place, Detlef Schrempf en 8eme et en 13eme position …. Karl Malone ou encore Joe Dumars en 18eme. C’est sa ville qui le draft, Cleveland, mais qui l’échange dans la foulée contre le 11eme choix Keith Lee et le journey man Ennis Whatley, Charles Oakley se retrouve alors au Chicago Bulls, une équipe en reconstruction autour du rookie drafté 1 an avant, Michael Jordan. Charles Oakley a alors pour mission de défendre dur, prendre des rebonds et protéger Jordan sur le terrain. Il devient le Team Cop des Bulls, rôle qui lui plait et qui sera son rôle tout au long de sa carrière dans les différentes équipes où il jouera.

C’est là qu’une amitié naît avec Michael Jordan et perdure toujours aujourd’hui, il a protégé MJ et l’a connu avant qu’il devienne un dieu vivant. Il passe 3 saisons avec Chicago où il tourne en moyenne à plus de 11 rebonds/matchs et près de 10 points. Lors de sa dernière saisons aux Bulls, en 1987-1988, il réalise 47 double-double et réussi une performance de choix aux rebonds en avril 1988, face à Cleveland, avec 26 points et 35 rebonds! Cela le place 7eme dans l’histoire pour cette perf, durant ce match il pris 16 rebonds offensifs avec face à lui Brad Daugherty, Larry Nance, Hot Rod Williams..

Nous arrivons à la fin de la saison 1987-1988 et pendant ce temps du côté de New York, nous arrivons à la fin d’un cycle. Michael King après sa blessure a été transféré, Hubbie Brown a été viré,Patrick Ewing est arrivé via la draft. Il a manqué une bonne partie de la saison dû à une blessure, Bill Cartwright continuant de tenir la raquette en son absence. Au retour d’Ewing de sa blessure, Rick Pitino décide d’utiliser sa capacité à shooter en le plaçant au poste d’ailier fort. Ceci ne plait pas du tout au rookie de l’époque, fort de son talent et de ce qu’il représente aux Knicks, il le fait savoir. Rick Pitino le replace au poste de pivot et met sur le banc Bill Cartwright. Mais ce dernier n’est pas du tout d’accord et des tensions apparaissent entre lui et Ewing.

Du côté de Chicago, les Bulls ont récupérés dans la draft 1987 Scottie Pippen et un certain Horace Grant. Ce dernier satisfait beaucoup les Bulls, à la fois solide défenseur, adroit à mi distance et au caractère apprécié par le staff. Il fait cependant doublon avec Charles Oakley, les Bulls ont besoin d’un pivot digne de ce nom pour compléter son effectif et veulent profiter alors de la valeur marchande de Charles Oakley.

Pour les Knicks, c’est l’occasion de régler le conflit au sein de leur raquette, de trouver un protecteur à Patrick Ewing et de construire une raquette jeune et redoutable. A l’été 1988, le GM des Knicks Al Bianchi échange Bill Cartwright contre Charles Oakley qui retrouve les Knicks de New York, intègre le cinq de départ avec Patrick Ewing, John Starks, Mark Jackson.

L’ICÔNE DES “NASTY’S KNICKS” DANS LES ANNÉES 90 QUI MARQUERA LES ESPRITS, PLUS ENCORE A POSTERIORI

A New York, Il va devenir le parfait complément et protecteur de Patrick Ewing. Totalement dédié à son équipe sous l’égide de Pat Riley, Charles Oakley va reprendre ce rôle de Team Cop des Knicks. Son jeu reste le même, joueur très dur, puissant, énorme défenseur et rebondeur. Son jeu est à l’image de cette équipe, Charles Oakley intimide et le Garden est un endroit que l’on craint.

Les Knicks sont chaque années en haut de la conférence Est, se font barrer la route par les futurs champions que sont les Celtics, les Pistons ou les Bulls de Jordan. Cette rivalité avec les Bulls marquera les esprits et mettront en scène des actions et des matchs d’anthologie. Michael Jordan lui même déclare être nerveux avant de jouer au Garden. Dans cette équipe, Charles Oakley est d’une régularité exemplaire, le parfait soldat de Patrick Ewing, il tourne à une dizaine de points et autant de rebonds en moyenne. Il développe également un shoot à mi distance, les Knicks possèdent ainsi un effectif permettant à tous les postes d’être une menace à la fois intérieure et extérieure.

L’année 1994 est sans conteste la meilleure année de “Oak”, All-Star, All Defensive First Team et les Knicks filent en Finales NBA. Une finale sous estimée dans l’histoire de la NBA à un âge d’or des pivots NBA, le duel Olajuwon-Ewing sera dantesque, la finale allant jusqu’au match 7. Mais les Rockets étaient sur un nuage et Olajuwon au sommet de son art, les Knicks ne parviennent pas à contenir les jeunes Robert Horry, Sam Cassell soutenus par Kenny Smith, Vernon Maxwell. L’année suivante, les Knicks perdent en playoffs contre … les Pacers de Reggie Miller, puis Jordan revient et les Bulls gagnent 3 titres. Une ère se termine aux Knicks, Ernie Grunfeld, GM à l’époque, le sait depuis la finale perdue, Pat Riley est parti, Pat Ewing décline, il est temps changer l’effectif.

Du côté de Toronto à cette époque, la jeune franchise fondée en 1995 possède un effectif de jeunes joueurs très talentueux obtenus par la draft. Marcus Camby, Tracy McGrady et le phénomène Vince Carter. Cependant, la mayonnaise met du temps à prendre, il manque de l’expérience et quelqu’un pour protéger Vince Carter et lui apprendre le métier. Les Knicks veulent rajeunir et transformer leur effectif, Ernie Grunfeld réussi alors un trade dont les fans des Raptors doutent toujours aujourd’hui, il envoi Oakley aux Raptors contre Marcus Camby.

Oakley quitte New York pour Toronto et jouer à nouveau le rôle qu’on lui connaît de protecteur. Il laisse à New York le souvenir d’un joueur jouant très dur, dédié à l’équipe et un fantastique coéquipier reconnu de tous.

AUX RAPTORS, IL FAIT CE QU’ON ATTEND DE LUI ET RESTE AUSSI LUI-MÊME

Charles Oakley débarque aux Raptors pour la saison 1998-99 pour apporter sa dureté, son expérience et encadrer les jeunes joueurs. Après une première année sans playoffs, la mayonnaise prend et les Raptors atteignent le premier tour des playoffs en 2000 et le 2nd tour en 2001, perdront au terme d’un match 7 contre Philadelphie qui fera polémique.  Le jeune leader de cette équipe Vince Carter, se rendra le matin du match 7 à la cérémonie des diplômes en Caroline du nord puis reprendra un avion pour revenir jouer le match 7.

Charles Oakley commentera cette décision à sa façon, une bienveillance mais franche, collant mal au politiquement correct:

C’est toujours notre frère. C’était important pour lui, pour sa vie… Il a pris la bonne décision pour lui, mais ce n’était la bonne pour l’équipe. Il est venu, a fait un bon match mais sans en être la clé, vous comprenez la différence.

Cette déclaration provoquera le départ de Oak des Raptors par Glen Grunwald, le GM des Raptors à l’époque et futur GM des Knicks. Charles Oakley aura des propos plus dur pour Grunwald en 2002.

Ce gars est un avocat pas un General Manager. Vous ne pouvez pas dépenser 200 Millions en contrats et ne pas faire les playoffs. C’est la mère de Vince Carter qui dirige cette équipe.

En 2001, Charles Oakley sera donc envoyé aux Bulls avec un 2nd tour de draft contre Brian Skinner pour avoir fait des vagues. A la fin de la saison 2002-2003, son pote Michael Jordan est dirigeant aux Wizards et vient d’embaucher Pat Ewing comme assistant coach, Oak rejoint son pote pour une dernière danse en 2002-2003, il fera ensuite 7 match aux Rockets en 2003-2004 à 40 ans, avant de prendre sa retraite de joueurs NBA. Charles Oakley était un co-équipier très apprécié, il laissera aussi l’image d’un joueur habitué des scènes de combats entre joueurs, l’icône des années 90 quand on évoque cette époque plus violente que les années plus récentes. Charles Barkley, Antoine Carr, Shaquille O’Neal, Alonzo Mourning, Larry Johnson, Otis Thorpe, RIck MAhorn, Xavier McDaniel, Karl Malone… sont une partie de la liste avec lesquels Charles Oakley se sera frotté.

AUX RAPTORS, IL FAIT CE QU’ON ATTEND DE LUI ET RESTE AUSSI LUI-MÊME

Charles Oakley a toujours affirmé haut et fort qu’il continuait à jouer au basket car il aimait cela et pas pour l’argent, ayant plusieurs activités à son actif. Marié à Angela Reed, femme d’affaire, il a déclaré posséder plusieurs stations de lavage de voitures, il reprend du travail chez Jordan en tant qu’assistant coach des Bobcats mais quittera son poste pour des raisons de santé. Une vieille blessure au dos dû à une bagarre à Vegas avec un agent de sécurité….

On le retrouve souvent dans des shows radio et dans des spectacles de théâtre d’improvisation. Charles Oakley participera à la Big 3 en tant que joueur et plus récemment en tant que coach. Lui le travailleur de l’ombre par excellence qu’il incarne, ayant réaliser avec succès le “sale boulot” pendant des années, déclare au sujet de la NBA actuelle:

Les joueurs d'aujourd'hui veulent tous être des superstars, c'est pour ça qu il y a tant de mauvaises équipes.

Un triste épisode marquera les esprits, c’est bien entendu la scène d’expulsion du Madison Square Garden en 2017. Une terrible et spectaculaire ejection du Garden, suivi de déclarations invectives par médias interposés ou Oakley sera qualifié “d’alcoolique ayant des problèmes” par James Dolan. Ce dernier sera soutenu par des anciens Knicks le dimanche suivant. Le match est diffusé à la télévision nationale, on y voit James Dolan entouré de Bernard King, Latrell Sprewell, Larry Johnson telle une action politique. La femme de Charles Oakley prenant même la défense de son mari “mon mari n’est pas alcoolique t n’a pas besoin d’aide”Michael Jordan et Adam Silver organiseront une confrontation entre Oakley et Dolan. Malgré un accord, Oakley ne souhaitera pas enterrer la hache de guerre, cet évènement aura un immense retentissement à New York, auprès des fans des Knicks et de la NBA.

Plus tard en 2018, il sera arrêté à Vegas pour tricherie. En dehors des faits divers, Oakley continue de développer ses affaires et notamment dans sa passion, la cuisine. “OAK AT HOME” vous propose de laisser Charles Oakley vous préparer un bon dîner pour vous, vos convives pour la somme de 25 000$. Son business est basé à Cleveland, sa ville natale où il vit aujourd’hui.

Charles Oakley est le joueur le plus souvent cité lorsqu’on évoque les Knicks des années 90, même devant Patrick Ewing. Il représente un New York qui manquent aux gens, dur, défensif, bagarreur, violent, ce qui n’est pas forcément la nature de Oak. Mais ce symbole est aujourd’hui plus fort dans les mémoires que l’équipe des années 70. Ce qui s’explique par l’expansion du basket au niveau mondiale au début des années 90. Malgré cette image, “Oak” était un joueur apprécié de tous ses coéquipiers, un joueur qu’on craignait d’avoir contre soi et qu’on adorait avoir avec soi sur le terrain et en dehors. Un homme impulsif, authentique mais ni injuste ni irréfléchi. Charles Oakley a développé sa carrière au milieu des années 90, a garder son authenticité et a choisi de ne pas céder au politiquement correct apparu dans les années 2000, ce qui lui vaut des description de personnes imprévisible et infréquentable. Cela aura nuit à son image, mais ne l’aura pas abattu tout comme la ferveur dans le coeur des fans des Knicks.  

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