Larry Johnson a évolué pendant de nombreuses saisons aux Knicks, a effectué une carrière en dent de scie. Charismatique, injouable à une époque de sa carrière, c’est un joueur qui a dû adapter son jeu au limites de son corps. A la fois Superstar en devenir et rôle player, Larry Johnson a marqué l’histoire des Knicks.

DES SALLES DE BOXE DU TEXAS À LA NBA

Larry Johnson est né en 1969 au Texas dans la ville de Tyler. Il a très vite choisi le sport our s’en sortir et notamment la boxe anglaise, ce qui lui a permis de se défendre, de développer un physique intimidant et peut-être c’est ici que son explosivité est née.

Notamment grâce à son physique, il domine rapidement le championnat des lycéens en jouant pour le lycée Skyline à Dallas et devient membre de la  McDonalds All-American team de 1987. Rarement un athlète aussi fort, puissant mais aussi souple et technique n’a été vu. Les comparaisons naturelles vont rapidement vers Charles Barkley.

Après avoir donné un accord verbal à la South Methodist University, il s’engage finalement avec le junior college d’Odessa. Le choix du junior college s’explique par les difficultés scolaires que rencontres Larry Johnson. Ce championnat est bien trop facile pour LJ, Il devient le seul à remporter 2 années de suite, à ce jour, le  National Junior College Athletic Association Division 1 Player of the Year award”. Beaucoup d’observateurs à l’époque estiment que LJ aurait pu être le premier de choix de draft en 1989 si il s’était présenté à la draft après son année sophomore.

UNLV, UN TREMPLIN POUR MARQUER L’HISTOIRE

Cependant, Larry Johnson trouve une opportunité à Las Vegas. UNLV est réputée pour ses examens scolaires d’entrées très … bienveillants diront nous…. et cela lui permet d’intégrer une équipe de basket prestigieuse, avec le grand Jerry Tarkanian comme coach.

EN 1989 Larry Johnson rejoint donc les Runnin Rebels d’UNLV, avec comme coéquipiers Stacey “the plastic man” Augmon et le futur Knicks Greg Anthony. L’équipe est inarrêtable et dès leur première année ensemble, UNLV explose les compteurs. La press tout terrain légendaire de Jerry Tarkanian provoque du jeu rapide et les Runnin Rebels fonce au Final four et se retrouve face à Duke en finale. Il établiront alors le record de la plus grosse fessée en finale de la NCAA en battant les Blue Devils 103 à 73 et deviennent champion NCAA.

Pendant l’été 1990, un scandale concernant UNLV au sujet de méthodes de recrutement éclate et une épée de Damoclès s’élève au-dessus de Jerry Tarkanian et toute l’université. Conscient de posséder une génération en or ayant surclassé le championnat universitaire, Jerry Tarkanian veut profiter de la dernière année de fac de Larry Johnson et négocie avec la NCAA un accord. La NCAA autorise UNLV à jouer la saison 1990-91 et sera privée de March Madness en 1992. C’est une occasion en or pour UNLV de transformer l’essai, l’équipe est inarrêtable réalisant un plutôt propre 27-0 en saison régulière et Larry Johnson éclabousse la championnat NCAA de son talent. 22 point à 70% de réussite, plus de 11 rebonds par matchs. Il remporte le John Wooden Award et est nommé Naismith Player College of the Year.

Après sa saison parfaite, UNLV retrouve Duke pendant la March Madness, mais les Blue Devils ont reçu quelques recrues cette année…la légende universitaire Christian Laettner, le futur Hall of famer Grant Hill et le futur pivot de l’équipe de France Crawford Palmer. Le parcours de UNLV s’arrêtera là en 1991, mais cette équipe restera la seule de l’histoire de l’université à effectuer le Final Four deux années de suite. L’équipe ainsi que Larry Johnson, STacey Augmon et Greg Anthony seront introduit au Hall of Fame de l’Université.  

Larry Johnson termine ainsi ses 4 années universitaires et va débuter sa carrière professionnelle après un prestigieux parcours universitaire, rarement vu depuis Kareem Abdul Jabbar ou Michael Jordan. Cette étape à UNLV a été une étape décisive pour sa carrière, pour l’histoire de la fac et même pour Jerry Tarkanian, dont il restera le meilleur joueur.

NAISSANCE D’UNE SUPERSTAR NBA, IL A LE FUTUR DE LA LIGUE ENTRE SES MAINS

Tout se passe bien pour Larry Johnson et les Running Rebel, les 3 coéquipiers sont draftés au premier tour. Sans surprise, Larry Johnson est le first pick de la draft 1991, Stacey Augmon est choisi en 9eme position par les Hawks et Greg Anthony en 12eme par les Knicks. A noter que cette draft est assez relevé, Kenny Anderson, Steve SMith, Dikembe Mutombo, Dale Davis, Chris Gatling ou encore Billy Owens.

Il rejoint alors une jeune franchise créé 3 années plus tôt en Caroline du Nord, les Charlotte Hornets. Une équipe en construction encore faible, parfait endroit pour montrer tout son potentiel à la ligue, et Larry Johnson répond aux attentes. Pour son année rookie, il tourne à 19 pts, 11 rbs et plus de 3 passes par match, ainsi il obtient facilement le titre de rookie of the year. Au delà des statistiques, le style de Larry Johnson est unique et irrésistible, un ailier fort de 1,98 m seulement mais grâce à son explosivité, sa détente, sa puissance et sa technique domine largement dans la raquette les autres intérieurs de la ligue.

Il colle parfaitement avec l’image populaire des Charlotte Hornets, dont les couleurs, le logo sont appréciés et les ventes de maillot explosent. Larry Johnson participe au Slam Dunk Contest du All Star Game d’Orlando en 1992, perd en final face à Cedric Ceballos et son dunk les yeux bandés.

GRANDMAMA FAIT PAS QUE DU TRICOT

La comparaison avec Charles Barkley est évidente, Shaquille O’Neal arrive en NBA la saison suivante et tout les deux représentent le futur de la NBA. Dans les années 1990 l’encadrement des salaires est moindre et les équipes ont beaucoup plus de flexibilité, sur la durée et sur les montants. Larry Johnson signe alors le plus gros contrat de l’histoire de la NBA avec les Charlotte Hornets, 84 millions de dollars sur … 12 ans.

Il prend le relais de Larry Bird, Magic Johnson avec l’équipementier Converse qui lui créera une chaussure signature avec succès et un personnage qui marquera l’histoire la publicité…. GrandMama. Il faudra attendre Kyrie Irving et Uncle Drew pour retrouver un personnage similaire. Larry Johnson au début de sa carrière est peut-être la plus grande réussite marketing de l’histoire de la NBA, devant même peut-être Michael Jordan si l’on compare le début de carrière seulement. Grâce à son charisme, son physique, sa dent en or, les Hornets, la popularité de Larry Johnson auprès des fans est inarrêtable, associé au génial personnage de Grandmama, cela développe une image irrésistible collant parfaitement à la peau de Larry Johnson. Il fera également la couverture de la première édition du magazine SLAM.

D’autre part, Alonzo Mourning rejoint les Hornets en 1992, l’équipe devient alors peut-être le plus gros succès marketing de la NBA. Larry Johnson, Alonzo Mourning, Muggsy Bogues (le plus petit joueur de l’histoire de la NBA avec 1m59), le shooteur fou Dell Curry, tous évolué ensemble sous les couleurs des Hornets les plus populaires de l’époque. Le frelon et ce bleu turquoise font du maillot des Hornets la marque la plus vendue avec les Bulls à travers le monde, à une époque où le monde entier découvre la Dream Team et démarre l’explosion de la NBA sur la planète. Le Charlotte Coliseum de Charlotte est complet et obtient la plus grande affluence de la NBA, on comprend mieux l’idée de génie de Michael Jordan dans les années 2010, de racheter la licence Hornets pour remplacer le nom Bobcats.

Larry Johnson démarre la saison 1992-93 dans les meilleurs conditions, et continue son ascension fulgurante qui a commencée depuis le lycée. Il réalise deux triples doubles et tourne à plus de 22 points de moyenne, il obtient ainsi sa première sélection All-Star dans le cinq de départ, aux côtés de Michael Jordan, Isaiah Thomas, Shaquille O’Neal. Pour couronner cette saison, les Hornets accèdent aux premiers playoffs de leur histoire et batte même Boston au premier tour sur un tir historique, au buzzer, d’Alonzo Mourning. Il tomberont face aux Knicks au tour suivant. En tout cas, l’avenir appartient aux Hornets à l’Est à cette époque.

PUIS DES TENSIONS DANS L’EQUIPE ET UNE BLESSURE

La carrière de Larry Johnson continue son évolution en 1993-94, mais des tensions commencent à apparaître au sein des Hornets entre LJ et Alonzo Mourning. Plus grave, le 27 décembre 1993 contre les Pistons, Larry Johnson s’envole pour une tentative de dunk mais se rate et se blesse gravement au dos. On le reverra que 30 matchs plus tard mais plus jamais aussi aérien et explosif qu’avant. Possédant déjà un jeu technique assez évolué, un shoot et un bon sens de la passe, Larry Johnson va ajuster son jeu à ses nouvelles capacités physiques et se transformer pour continuer à jouer au plus haut niveau.

A l’été 1994, il est sélectionné pour participer au championnat du monde à Toronto et devient membre de la Dream Team II qui remportera le tournoi. La saison suivante, Larry Johnson développera à ce moment son tir à trois points, deviendra un joueur plus complet et sera sélectionné au All-Star Game de 1995. Mais le joueur est beaucoup moins spectaculaire dorénavant, moins mobile.

Les tensions avec Alonzo Mourning se poursuivent, elles apparaîtront au grand jour au Garden plus tard, mais on les aperçoit lors des rencontres entre Mourning et Johnson, où ce dernier n’est pas le dernier à lancer les provocations. Tout a commencé lors de l’arrivée en NBA de Mourning au training camp, Larry Johnson est arrivé avec sa veste en cuir offerte lors de son titre de Rookie of the Year. Les premiers mots de Larry Johnson pour son nouveau coéquipier, devant tout le monde seront “tu vois cette veste, et bien tu as du boulot pour avoir la même”, ce qui fera rire tout le monde, sauf Mourning bien sur.

Plus tard, le propriétaire des Hornets refusera de donner le même contrat que Johnson à Mourning, ce qui précipitera son transfert et fera exploser une des plus belle équipe de l’histoire de la NBA. A l’été 1995, les Hornets envoient Mourning à Miami en échange du superbe shooteur Glen Rice et de Matt Geiger. Les Hornets entament alors une reconstruction, Larry Johnson sera échangé l’été suivant, en 1996, aux Knicks contre le regretté Anthony Mason et Brad Lohaus.

NOUVEAU JOUEUR, NOUVELLE CARRIÈRE ET NOUVELLE ÉQUIPE

En 1996, Ernie Grunfeld, GM des Knicks poursuit la transition progressive des Knicks. L’année précédente, Pat Riley est parti à Miami et Don Nelson n’aura pas fini la saison laissant sa place à son assistant Jeff Van Gundy. Le jeune bijou de Detroit, Allan Houston, a signé pendant l’été aux Knicks qui ont aussi drafté John Wallace et ont donc envoyé Mason aux Hornets contre Larry Johnson. Les anciens Pat Ewing, John Starks et Charles Oakley sont encore là, mais les Knicks sont clairement en transition. Larry Johnson se sacrifiera au profit de l’équipe tournant à 12 points par match au lieu de 20 la saison précédente. Néanmoins, son comportement exemplaire est apprécié par son coach et les fans.

A l’issue de la saison 1996-97 les Knicks éliminent les … Hornets au premier tour des playoffs mais chutent face au …. Miami d’Alonzo Mourning et Pat Riley. Une rivalité est néeL’année suivante, en 1997-1998, l’équipe évolue peu et cette fois élimine tout d‘abord Miami en playoff, avec l’une des plus belle bagarre de l’histoire de la NBA. On peut dire plus belle étant donné le peu de véritables coups portés, mais la folie gagnant le terrain et l’inoubliable vision de Jeff van Gundy, se colle à la jambe de Zo Mourning pour l’arrêter. Au tour suivant, les Knicks retrouvent les Pacers et perdront cette fois au 2nd Tour.  L’impact de Pat Ewing sur une rencontre commence à se faire moindre, Allan Houston prend petit à petit le leadership au scoring et Larry Johnson tourne à plus de 15 points de moyenne. Il est temps de tourner une page aux Knicks, Ernie Grunfeld va alors réaliser un coup décisif dans l’histoire de la franchise.

LA SAISON HISTORIQUE 1998-1999 DES KNICKS

Grunfeld est très critiqué après avoir réalisé cette opération, en envoyant les légendes Charles Oakley à Toronto et John Starks à Golden State en échange respectivement pour Marcus Camby et Latrell Sprewell. New York perd une partie de son identité mais achève sa transformation tout en gardant Pat Ewing, récupére un All-Star, rajeunit et harmonise son effectif. Michael Jordan a pris sa retraite après un second three peat, c’est une année qui débutera plus tard suite à un Lock Out. Malgré un effectif chamboulé, les Knicks parviennent à avoir un bilan positif et décroche la 8eme place qualificative des playoffs. Latrell Sprewell décrira un formidable esprit d’équipe, un esprit de sacrifice pour le collectif par des joueurs inspirés par Jeff Van Gundy. Larry Johnson joue un rôle de leader sur le terrain, préféré de Van Gundy qui exploite la polyvalence du joueur. Capable de défendre sur les postes 3, 4, 5 et à la fois de passer, jouer au poste et shooter à 3 points, il est parfait dans cette équipe.

Les playoffs démarrent et les Knicks affrontent leur rivaux floridiens de Miami, menés par Pat Riley. Alonzo Mourning, Tim Hardaway, Dan Majerle, Jamal Mashburn, Voshon Lenard…. Surprise, New York les bat en 5 match 3-2 et affrontera les Hawks au 2nd Tour avec Steve Smith, Dikembe Mutombo, Mookie Blaylock. Mené par un Latrell Sprewell de feu et Alan Houston, New York “sweepent” Atlanta et accède à la finale de conférence.

Les Knicks retrouvent alors les Pacers, Larry Johnson va alors marquer l’histoire de la franchise et des playoffs. Dans le match 3, les Pacers prennent l’avantage de 3 points à une dizaine de secondes de la fin, temps mort des Knicks. La remise en jeu prévue pour Alan Houston est ratée et LJ récupère la balle face à Antonio Davis. La suite on la connait, il le défi en 1 contre 1, une feinte de shoot, Davis saute, Larry Johnson se décale et shoot à 3 points. Antonio Davis fait faute et le panier rentre. Larry Johnson, avec beaucoup de professionnalisme, contiendra son émotion, conscient qu’il doit être concentré et garder son cardio le plus bas possible pour mettre son lancer franc, chose qu’il reussira. Cette action est l’une des plus grande action de l’histoire des Knicks avec la performance de Willis Reed en finale NBA et le dunk de John Starks sur Jordan et Horace Grant.

Les Knicks se qualifient pour la finale NBA et seront la première et seule équipe à réaliser cette exploit en terminant 8eme de leur conférence. En finale, ils s’inclinent 4-1 face à aux Spurs de David Robinson, Tim Duncan, Avery Johnson qui remporteront le premier titre de l’histoire de la franchise. Durant cette finale, Larry Johnson sera à l’origine d’une polémique en qualifiant son équipe “d’esclaves rebelles”. Bill Walton, qui commentait les matchs, qualifie ce comportement de disgracieux, Larry Johnson répondra à la polémique et expliquera plus tard qu’il est en pleine prise de conscience et en colère contre la société américaine. Malgré sa réussite, il découvre et considère que peu de choses ont évolué pour les noirs américains, prenant comme exemple son quartier d’origine, dont il est le seul à s’en être sortie.

Larry Johnson mettra un terme à sa carrière en octobre 2001 a seulement 32 ans, fatigué de ses problèmes et douleurs au dos.

TROP DE BLESSURE, LA RUINE… SON RETOUR AUX KNICKS

A la retraite, Larry Johnson se lancera dans plusieurs affaires mais se retrouveras en faillite, ajoutant son nom à la triste liste des sportifs NBA ruinés. Marié 4 fois et père de 5 enfants, Larry Johnson se verra condamné pour plus de 120 000$ de pensions alimentaires impayés. Il ira même jusqu’à être dans l’incapacité de régler des factures de dentistes s’élevant à près de 3000$. Larry Johnson a gardé de bons contacts avec les Knicks et James Dolan et déclare en 2007 son intention d’intégrer le front office du club, il reprend ses études et obtient la même année un bachelor en science sociales. Il intègre les Knicks en 2012 dans le staff des opérations basket et business, un rôle transverse dans lequel il travail sur le développement des joueurs et apparaît aussi parfois comme ambassadeur.

Malgré son profil sympathique et populaire, Larry Johnson a multiplié les tensions avec les joueurs en NBA. De son aveu, il n’a pas peur du conflit sur un terrain mais cela reste sur le terrain. Il aura publiquement des relations tendues avec Alonzo Mourning, Anthony Mason ou encore Scottie Pippen avec lequel il entretiendra une polémique par média interposé. Néanmoins, le professionnalisme de Larry Johnson est incontestable. De part le travail mené pour atteindre les sommets au début de sa carrière et pour ensuite adapter son jeu en un temps record, suite à sa blessure au dos.

Il s’ajoute à la tragique liste de stars ayant le talent et l’éthique de travail pour atteindre le sommet, mais dont les blessures en ont voulu autrement. (Grant Hill, Penny Hardaway, Reggie Lewis, Tracy McGrady, Brandon Roy). Peut-être aussi, son nom s’ajoute à ceux qui ont dû subir les risques de la vie New Yorkaise lorsqu’on est un joueur NBA. Passé de superstar de la ligue à role player en toute humilité, Larry Johnson était très apprécié de ses coach et de la majorité de ses coéquipiers. Des salles de boxe du Texas au Madison Square Garden, il a su briller et évoluer malgré la malchance et se relever de sa blessure.

Tout talent n’est rien sans travail et Larry Johnson montre que l’on peut réussir dans les deux cas, avec un talent naturel ou à force de travail.