Depuis le début des années 2000 les Knicks sont en perpétuelles reconstruction ponctuées d’échecs, de faux espoirs, à chaque fois la suite logique de mauvaises décisions, d’accumulation de noms prestigieux mais parfois, le manque cruel de vision des dirigeants était évident. Comme dans beaucoup de sociétés, les dirigeants ont un pouvoir capable de faire le bien comme le très mal, mais on sent que James Dolan est sur la bonne voie en laissant les rênes à Steve Mills depuis quelques années.

Celui-ci a nommé, au prix fort, un des dirigeants les plus respecté, expérimenté de la ligue en la personne de Scott Perry. Beaucoup de choses ont changé depuis son arrivée et on regarde de plus près aujourd’hui le parcours de celui qui est peut-être l’homme de l’année du côté de Big Apple.

 

NATIF DE DETROIT, D’UNE FAMILLE CATHOLIQUE ET D’UN PÈRE AU DESTIN EXCEPTIONNEL

Scott Perry est né le 25 novembre 1963 dans une famille du Michigan, plus précisément à Detroit. Scott joua très tôt au basket et beaucoup… après avoir assisté aux cours et fait ses devoirs, il joue tous les jours sur les playground de Detroit. BJ Armstrong, ancien All-Star des Bulls de Jordan et aujourd’hui agent de joueurs, disait “Personne à Detroit ne savez mieux que Scott où trouver un pick up game quand vous en cherchiez un”.

Issue d’une fratrie de 3 enfants, sa mère était tout d’abord journaliste pour l’école public de la ville puis devint ensuite avocate, famille catholique très pratiquante, Scott Perry est le fils de Lowell Perry, qui fut un réel mentor pour Scott personnellement mais aussi professionnellement. Lowell Perry fut un joueur de foot US à la fac de Michigan, puis un joueur pro au Pittsburg Stealers. Il fut le premier assistant coach noir de la NFL et un symbole pour la communauté noire américaine. Plus tard il travailla pour le gouvernement, puis comme dirigeant chez Chrysler et aussi à la télévision. Lowell Perry fut le premier consultant noir à commenter des matchs NFL avec une audience nationale sur CBS, il décèdera en 2001 d’un cancer.

JOUEUR CHEZ LES JÉSUITES PUIS DÉBUT DE SA CARRIÈRE DE COACH

Une famille très pieuse, catholique pratiquante, Scott Perry fera son lycée chez les jésuites à Detroit, puis entrera à la faculté de l’Oregon pour une année avant de finir son cursus à Wayne State University en 1986. Il obtient là-bas une licence en gestion des entreprises. En tant que joueur de basket il est apprécié et finira capitaine de son équipe.

Sa carrière dans le basket n’évoluera cependant pas vers une carrière de joueurs, car depuis toujours Scott Perry rêve d’être dirigeant NBA. Pour atteindre son but et intégrer la NBA, il choisit la voie du coaching pour développer sa connaissance du jeu, savoir détecter les joueurs, développer son relationnel et sa futur crédibilité auprès des joueurs et coachs. Scott Perry débute sa carrière de coach en 1988, à l’université de Mercy à Detroit, dans sa ville natale,  où il restera 5 années.Toujours près de sa famille et sa ville natale, il intégrera ensuite la même faculté ou son père fut étudiant, la prestigieuse université de Michigan en tant qu’assistant des Wolverines, avec le scouting comme périmètre dédié.

Il est alors sur le banc d’une équipe légendaire de la NCAA, le Fab Five de Michigan. Légendaire de part son effectif avec la futur superstar Chris Webber, Jalen Rose, Jimmy Jackson et d’un freshman du nom de … Olivier Saint-Jean, futur Tariq Abdul Wahad, premier joueur français en NBA. Le Fab Five est une équipe ayant marqué l’histoire de la NCAA pour sa finale en 1994 et la séquence du “temps mort” de Chris Webber, et aussi avec son style vestimentaire, les shorts longs qui vont révolutionner le style mondial des basketteurs.

Scott Perry restera 4 années avant d’être recruté par la fac de Eastern Kentucky en tant que Head Coach à partir de 1997. Il restera 4 années, avec que sa ville natale de Detroit le rappelle…. et un certain Joe Dumars.  

SCOTT PERRY RÉALISE SON RÊVE ET DEVIENT DIRIGEANT EN NBA

En 2000, Scott Perry réalise la première étape de son rêve, devenir dirigeant NBA. Il est heureux que son père puisse voir cela (il décèdera l’année suivante) et qui plus est, dans sa ville natale. En effet, Joe Dumars la légende qui formait les “Splash Brothers” avant l’heure avec Isiah Thomas dans les années 80 et 90, est alors président des Pistons et lui donne un poste de scout, il deviendra rapidement vice-président responsable du personnel. Ce qui lui permettra de voir l’organisation du club à tous les niveaux.

Avec Joe Dumars et l’équipe dirigeante, il participe à la fondation de l’équipe qui dominera la conférence Est au début des années 2000 et sera championne en 2004. Scott Perry apprend le métier de dirigeant et s’y fait un nom dans la victoire, tout cela dans sa ville natale, près de sa famille. Il devient vite apprécié pour sa capacité d’analyse, ses valeurs et son excellent relationnel.

Scott Perry reste 7 années de suite à Detroit, mais on le réclame pour aller reconstruire les Sonics afin de préparer le départ à Oklahoma, la franchise vient de recruter un nouveau GM, Sam Presti, qui demande à Scott Perry de le rejoindre, en 2007.  Scott Perry sera l’assistant GM de Sam Presti, ils décideront ensemble de drafter Kevin Durant et récupéreront Jeff Green dans le trade Ray Allen à Boston.

A la fin de la saison, il y a du changement du côté de Detroit qui doit recruter son nouveau vice président des opération Basket. Le club drague Scott Perry et Grant Hill, mais ce dernier renonce finalement au poste. En 2008, Scott Perry retourne donc à Detroit où il passera 4 saisons pour aider à la reconstruction, sans forcément beaucoup de succès, même si il sera à l’origine de la draft de Greg Monroe puis Andre Drummond.

Scott Perry tournera la page des Pistons après, au total, 11 saisons, lorsque le nouveau GM du Magic, Rob Henningan, lui demande de devenir son assistant GM, il accepte et rejoint le Magic en 2012 et s’occupe dès son arrivée du cas Dwight Howard. Il reste 5 années au Magic et sera viré en même temps que le GM en 2017. Le projet du Magic est bancale, stagne et ne gagne pas. Néanmoins pendant ces années au Magic, on notera la draft de joueurs tels que Victor Oladipo, Aaron Gordon, Elfrid Payton, Mario Hezonja.

En avril 2017, il rejoint Vlade Divac en tant que Vice Président des Opérations basket des Kings de Sacramento, il signe George Hill, Zach Randolph, Vince Carter et draft De’Aaron Fox, Harry Giles. De quoi lancer une nouvelle dynamique aux Kings, oui mais voilà, vu de son expérience et de ses qualités relationnelles, Scott Perry est l’un des dirigeants NBA les plus appréciés et respecté de la NBA et c’est un secret de polichinelle que le poste de GM le fait rêver.

A New York, après l’enchaînement de président et dirigeant, James Dolan prend conscience qu’il doit laisser les rênes de l’équipe, dans un marché où le fonctionnement des contrats et la gestion du clubs a évolué depuis les années 90. Il nomme Steve Mills président, New Yorkais et au club depuis 8 ans, ce dernier a vécu toutes les erreurs du passé, connais New York et l’identité des Knicks.

Il souhaite mettre en place un projet à long terme et a besoin d’un GM de renom. Il discute avec David Griffin, libéré par les Cavs et Scott Perry. Scott Perry est séduit devant ce projet pharaonique, arrivé seulement quelques mois auparavant aux Kings, Steve Mills le débauche contre un 2nd tour de draft et du cash aux Kings.

Scott Perry réalise son rêve, le 14 juillet 2017 et devient le nouveau GM des Knicks de New York.

LE NOUVEAU GENERAL MANAGER DES KNICKS

Steve Mills, le nouveau président, a une vision claire du projet Knicks et Scott Perry en sera l’architecte. Il veut faire de New York à nouveau une équipe attractive pour les free agent, montrer la capacité du club à construire sur du long terme, faire des Knicks une équipe défensive et le Garden une forteresse. Il sait que l’identité des Knicks passe par la défense, le jeu dur c’est New York. Pour cela, il veut une équipe jeune, athlétique, longiligne et les personnes adaptées pour mener un tel groupe.

Scott Perry commence en interne les grandes manoeuvres, à tous les niveaux du personnel du club, il souhaite que l’attention envers les jeunes joueurs soit la priorité des employés. Un changement de culture passant par une attitude passive d’observation des joueurs pour prévenir leurs besoins, à des actions où le personnel n’hésitera pas à proposer de l’aide aux joueurs sur le plan sportif ou personnel. Scott Perry est un homme prônant la patience, le travail sur le long terme et qui fait preuve d’intelligence émotionnelle pour assembler les bonnes pièces ensembles.

Phil Jackson a drafter Frank Ntilikina, le profil parfait du projet des Knicks avec son physique longiligne et ses qualités défensives exceptionnelles. Scott Perry doit gérer le cas Carmelo Anthony, en septembre 2017 il est envoyé au Thunder contre Enes Kanter, Doug McDermott et un 2nd tour de draft, la reconstruction est lancée. Willy Hernangomez ne rentre plus dans les plans des Knicks, malgré son talent offensif, les Knicks sont déterminés à être cohérent avec leur projet défensif, il est alors envoyés aux Hornets. Les Knicks accumule de la flexibilité financière et des 2nd tour de drafts. Jeff Hornacek fait aussi les frais de ce nouveau projet, recruté par Phil Jackson, il est alors remercié laissant un souvenir discret dans l’histoire de la franchise.

Scott Perry entre dans une phase d’acquisition de talent, après la blessure de Porzingis qui va donner les pleins pouvoir à Scott Perry pour manoeuvrer, la saison 2017-2018 étant sans intérêt dorénavant. En faisant venir Emmanuel Mudiay, très gros potentiel, en mauvais état physique et manquant de réussite à Denver, Scott Perry récupère un fort talent revanchard, et en fin de contrat, un pari totalement maîtrisé. Pendant ce temps, un certain Trey Burke explose les compteurs en G-League sous les ordres d’Allan Houston, il rejoint le roster des Knicks. Avec en ligne de mire l’été 2019, les Knicks ont ainsi la possibilité de mettre en compétition 3 talents complémentaires sur leur lignes arrières, tout en se laissant le choix en 2019.

L’intersaison 2018 arrive, malgré son leadership dans le vestiaire et sa combativité défensive, Kyle O’Quinn est laissé libre, son potentiel limité et son manque de mobilité ne rentre pas assez dans les projets des Knicks. Scott Perry fait face à chaque dossier avec créativité, intelligence, tout en restant cohérent avec le projet des Knicks à long terme.

LA DRAFT 2018 ET L’ARRIVÉE DE DAVID FIZDALE

L’entente entre Scott Perry et Steve Mills s’affiche lors des conférences de presse, la complémentarité de leur personnalité, leur détermination à mener à bien leur projet se ressent, permettant à Scott Perry de travailler en toute intelligence, sans la pression ou la présence de James Dolan.

Très tôt à la fin de la saison, les Knicks annonce lors d’une conférence de presse le profil du head coach qu’ils recherchent. Ils rappellent le projet actuel des Knicks et la nécessité de trouver un coach capable de fédérer, développer un jeune groupe et prônant la patience. Quelques semaines plus tard, Steve Mills et Scott Perry mettent la main sur le coach le plus coté sur le marché, David Fizdale. Au delà de la côte de Fiz, ses capacités relationnelles, son charisme, son énergie le rendent irrésistible auprès des jeunes joueurs. Porté sur l’humain, son profile est en cohérence avec le projet des Knicks et aussi la personnalité de Scott Perry, l’entente entre ce dernier, Steve Mills et David Fizdale s’annonce prometteuse. L’annonce de son arrivée et saluée de partout. A l’arrivée de Fizdale, s’annonce aussi l’arrivée d’un coaching staff de haut niveau, notamment Keith Smart, Jud Buechler ou encore Patt Sullivan. En 1 an, le front office des Knicks a pris du galon. Viens ensuite la draft, les choix du prometteur Kevin Knox et du surprenant Mitchell Robinson, sont cohérents avec le projet des Knicks et salués par tout le monde, encore plus après la summer league.

Au début de la saison 2018/2019, les Knicks ont dans leurs rangs des joueurs très jeunes, athlétiques, forts défensivement, tels que Frank Ntilikina, Kevin Knox, Mitchell Robinson. Ce qui montre la capacité des Knicks a être cohérent et une réactivité impressionnante en l’espace d’1 an, comparé à des équipes comme les Kings, Hawks, Suns qui mettent des années à sortir un projet clair. A cela s’ajoute une liste de forts potentiels revanchards à contrats courts, Emmanuel Mudiay, Mario Hezonja, Noah Vonleh qui ont tout à prouver dans leur dernière année de contrat. Dans l’ombre de ce projet, Kristaps Porzingis soigne sa blessure. A l’été 2019, les Knicks auront ainsi un socle de jeunes joueurs talentueux, s’inscrivant dans la lignée d’un projet à long terme.

Avec le contrat de Joakim Noah “stretché” et la fin de celui d’Enes Kanter, la masse salariale des Knicks sera l’une des les plus faibles de la NBA, tout en ayant des tours de drafts en stock. En sachant que New York reste le plus gros marché de la NBA, son public fidèle attend de pied ferme le retour en playoffs en 2020.

PREMIÈRE ÉTAPE D’UN PARI RÉUSSI EN UN TEMPS RECORD

En l’espace d’une saison seulement, Scott Perry a atteint une bonne partie les missions qui lui étaient confiées. Mettre en place un staff cohérent avec le projet des Knicks, reformé un effectif jeune, athlétique, capable de défendre. Les Knicks sont en excellente position pour la free agency 2019 et retrouvent une crédibilité aux yeux de l’univers de la NBA, en attendant le retour de Kristaps Porzingis.

Les Knicks ont réussi à attirer un des GM’s les plus expérimenté, pas toujours avec de la réussite mais ayant vécu de nombreuses situations, cela fait de lui un dirigeant dont l’expérience est utile et rend le front office des Knicks réactifs, efficaces. En rebatissant les Knicks, Scott Perry réalise son rêve et se dépense sans compter, avec passion dans ce nouveau projet. Mettant à profit sa vision à long terme, sa patience, ses qualités humaine et son expérience, Scott Perry est peut-être l’homme qui manquait à NY depuis des années. Si les choses continuent dans cette direction, les Knicks pourrait devenir la destination de rêve dans les années à venir, grâce à son marché (le plus grand de la NBA), son histoire, le Madison Square Garden…

En à peine 1 année, Scott Perry a réussi à remettre New York dans le droit chemin, en interne, dans les finances, sur le terrain et dans le coeur des fans. Le temps nous dira si les bases sont solides et si le potentiel de la franchise va enfin se révéler, en tout cas, Scott Perry c’est l’homme de l’année en 2018 chez les Knicks.

 

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